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29 septembre 2015

Devenir éducatrice

Delfie

Être éducatrice n’était pas mon premier rêve, j’aurais aimé travailler en art, en mode et même dans l’industrie du spectacle…

Le destin m’a offert 2 enfants. La suite logique fût de choisir un défi qui me permettrait de rester auprès d’eux. Rapidement, j’ai rencontré de nombreuses éducatrices et grâce à notre implication et nos projets, j’ai senti que notre impact dans la communauté était très grand. Nous réinventions l’image de la petite madame dans son sous-sol, présentant des éducatrices dynamiques et remplies d’idées innovatrices.

Le titre d’éducatrice nous a été accordé, ce mot beaucoup plus valorisant que d’être simplement une gardienne d’enfants. Éduquer, offrir nos connaissances, nos valeurs, notre maison et notre famille. Offrir un amour immense qui se multiplie, qui ne se divise jamais. Partager nos valeurs, apprendre ensemble. J’ai offert à mes enfants des amis pour jouer, un milieu stimulant, des repas équilibrés et la présence de leur mère. Ils ont appris le travail d’équipe et les avantages des groupes multiâges, l’importance de l’organisation, le partage et le don de soi. Ils ont appris à connaitre leurs limites, à respecter les autres, mais surtout à se respecter eux-mêmes.

Ils ont aussi appris que chaque enfant est différent, mais que tous peuvent s’entendre sur le fait que chacune de mes recettes serait meilleure sans piments. Je ne veux pas prétendre tout savoir, mais ces dernières années m’ont offert tant de connaissances. Je sais que le verre bleu est l’item le plus cool de la garderie jusqu’au jour où tu décides d’acheter 6 verres identiques. Je sais que, pour dormir avec le toutou cochon, n’importe quelle petite fille est prête à renier une amitié en disant : donne-le-moi ou tu ne viendras pas à ma fête ! Et qu’en cas de refus, elle peut même préciser qu’il y aura une licorne et 3 princesses à cette fameuse fête ! Je sais aussi que certains orteils ne peuvent pas s’empêcher d’aller sur la table durant le repas, que certains jouets se dirigent incontestablement vers la bouche des enfants et qu’une envie de pipi ça apparait toujours après avoir enfilé son pantalon d’hiver. Je sais que le printemps ça sent les mitaines mouillées. Je sais que le bonheur est facile à trouver.

Sur mon curriculum vitae je pourrais écrire avec fierté que j’ai aimé, cajolé, mouché des petits nez, que j’ai chanté, dansé, que je me suis amusée, que j’ai pleuré de joie et souri même en peine, que j’ai dessiné et ramassé des crayons par terre, peinturé et nettoyé un enfant tout bleu, cuisiné et balayé du riz par terre, aidé à l’apprentissage de la propreté et lavé les planchers, que je me suis impliquée, dévouée au nom de toutes les RSG et que j’ai aimé mon métier.

Dans les 5 dernières années, j’ai travaillé en art, création et projets de bricolage personnalisés. J’ai travaillé en mode, vidé et rempli le bac à costumes tous les jours, mais porté mon éternel jogging gris. J’ai dirigé des spectacles ridicules, fait des prestations médiocres et écouté des fanfares.

Pour mes enfants, je n’ai sacrifié aucun rêve, nous avons grandi ensemble et bien entourés.

Delfie Gauthier